
Aimez-moi ... Lili aime-moi.
L’œuvre poétique et les écrits intimes sont accessibles aux lecteurs français. A l’occasion de cette réédition, André Velter avait réalisé une belle émission pour France-Culture . Qui sait, elle pourra peut-être s’écouter une nouvelle fois.
« Frère par l’esprit et par l’inspiration de Villon et de Bartok, Attila Jozsef entendait faire "oeuvre de vie" jusqu’à son choix de trouver la mort. Mais comment assumer "à coeur pur" la "belle humanité" du siècle ? Comment trouver refuge au sein de la langue, seul lieu de repos possible pour le poète ? Enigmatique lucidité de la folie qui tente de partager l’impossible... André Velter s’entretient avec l’éditeur d’Aimez-moi, Jean-Pierre Sicre, et des lectures de poèmes nous sont offertes par Denis Lavant. »
L’éditeur quant à lui présente son livre ainsi :
« Attila Jozsef (1905-1937) tient rang, aux côtés de Lorca, de Trakl, de Rilke, d’Apollinaire, parmi les premiers poètes du XXe siècle. Ce qui ne l’empêche pas d’être mal connu des lecteurs de langue française, malgré une œuvre d’une séduction et d’une spontanéité inouïes, placée toute sous le signe d’une insurrection centrale coutre l’injustice et les désolantes laideurs du monde, soulevée de bout en bout par une force noire, sauvage. Le poète au prénom barbare, " né avec un couteau entre les mains ", ne sait pas se servir de ses armes, sinon contre lui-même. Aux autres il s’offre nu et lance ce seul cri : " Aimez-moi ! " parce qu’il sait qu’à cet appel jamais ne répondra que le silence. Et ce maladroit que la vie sans cesse fait trébucher décoche malgré cela contre le ciel des flèches d’une précision toute rimbaldienne - ou verlainienne... car la musique habite sa poésie comme aucune autre, ainsi que l’a tout de suite compris Bartok. Ce qui oblige ses traducteurs à être poètes eux-mêmes, ou à démissionner.
Un monument indispensable à la bibliothèque de tout amateur de poésie. »
